Environnement

 

ENVIRONNEMENT

Voir Rapport de présentation du PLU page 82-83 Natura 2000
La région du Verdon dispose d’un patrimoine naturel exceptionnel parce que la rivière, ses affluents et les zones humides du bassin versant offrent des lieux de reproduction et permettent le développement de nombreuses espèces d’animaux ou de plantes, parfois uniques ou en danger.
 
Les boisements bordant les cours d’eau (ripisylve) sont différents selon les zones. Cette ripisylve stabilise les berges et lutte contre l’érosion. En filtrant l’eau, elle tient un rôle d’épurateur naturel. Elle abrite une faune et une flore diversifiées. Elle contribue à la beauté des paysages.
Les zones humides sont de véritables réservoirs de biodiversité. Prairies humides, marais d’altitude, mares ou petits plans d’eau, roselières de fond de vallée, lônes ; elles jouent un rôle important d’autoépuration, de stockage de l’eau en période humide et de restitution aux cours d’eau en période sèche.
Les poissons présents dans l’eau sont nombreux et témoins du fonctionnement écologique des cours d’eau. Dans la partie amont du bassin, les eaux fraîches et bien oxygénées du Verdon sont favorables à la Truite fario. On note la présence de blageons, de barbeaux méridionaux, de chabots, espèces en danger. Enfin, le Verdon abrite l’Apron du Rhône, un poisson qui n’existe plus que dans les bassins de la Durance, de l’Ardèche et du Doubs.

 

FAUNE  &  FLORE

Site PNRV parcverdon.fr rubrique « actions » biodiversité

Extraits 1 :
L’APRON DU RHÔNE, UN POISSON EN DANGER D’EXTINCTION
 
Dans les années 80, les scientifiques se sont intéressés pour la première fois à l’Apron du Rhône et un état des lieux a été effectué.
Sur les 2200 kilomètres de linéaire de cours d’eau occupés par l’Apron au début du XXe siècle, seuls 380 kilomètres de linéaire étaient encore peuplés par l’Apron. L’alerte est alors donnée et peu à peu une prise de conscience s’effectue et les acteurs du territoire se mobilisent.

A partir de 1992, plusieurs programmes européens, relayés depuis 2008 par un plan national d’actions pour la sauvegarde de ce poisson, permettent à de nombreuses structures de se mobiliser. Des projets destinés à restaurer et à préserver ce poisson et son milieu de vie voient le jour partout où l’espèce est présente. A partir de 2008, le Parc naturel régional du Verdon s’est, quant à lui, engagé à préserver l’Apron encore présent dans les gorges du Verdon. Cet article présente les spécificités de l’Apron sur notre territoire, les actions et la réglementation mises en place pour le protéger.

L’Apron du Rhône (Zingel asper L.) est un poisson endémique du bassin du Rhône

Jusque dans le premier tiers du XXe siècle, l’Apron était présent sur l’ensemble du bassin du Rhône, incluant le cours principal du fleuve et la majorité de ses affluents. A partir du milieu du XXe siècle, l’Apron va perdre presque 90 % de son aire de répartition historique. Cette diminution drastique est liée à une pression toujours croissante des activités humaines en lien principalement avec l’aménagement et l’exploitation des cours d’eau sur le milieu : fragmentation de l’habitat par des barrages et des seuils, perturbation de l’hydraulique et de la géomorphologie naturelles des cours d’eau et uniformisation des habitats de rivière. Cette espèce est aujourd’hui restreinte à quelques groupes de populations qui ne sont plus connectés entre eux : l’Ardèche, la Loue, le Doubs suisse, la Durance, le Buëch, l’Asse, la Bléone et dans les grandes gorges du Verdon.
Dans les grandes gorges du Verdon, l’Apron a été retrouvé de façon fortuite en 2001. Il est aujourd’hui connue sur 31 km de rivière entre le Pont de Taloire (Castellane/Trigance) et la queue du lac de Sainte-Croix (Moustiers-Sainte-Marie/Aiguines). Depuis 2006, cette population fait l’objet d’un suivi démographique et génétique afin de mieux comprendre l’état de conservation de cette population. Ces suivis ont montré clairement une chute drastique de la diversité génétique de la population d’Aprons du Verdon.

Une chute de la diversité génétique de la population d’Aprons du Verdon

Cette chute de diversité génétique a été mise en lien avec les aménagements de la Durance et du Verdon. La connectivité de cette population avec les populations « Durancienne » a été interrompue dès 1866, avec la construction d’un barrage sur l’emplacement de l’actuel barrage de Quinson. D’autres barrages, mis en service en 1967 (barrage de Gréoux), 1974 (barrage de Quinson) et 1973 (barrage de Sainte-Croix) noyant une grande partie des habitats de rivière, ont ensuite contribué à modifier fortement et à détruire la plupart des habitats favorables à l’Apron en aval des grandes gorges du Verdon. Ne pouvant plus faire appel à la migration pour maintenir sa diversité génétique, et ayant été confinée à l’étroit linéaire des grandes gorges du Verdon, la population d’Aprons a donc subit une forte dérive génétique et une chute de son effectif efficace (lié au nombre de reproducteurs). La population d’Aprons a été ainsi fortement fragilisée. Elle est désormais plus sensible aux variations de son environnement que ses homologues duranciennes.
L’Apron du Rhône est un poisson qui se cale entre les galets dans des zones peu profondes, notamment pour chasser ses proies. Il mange préférentiellement, voire exclusivement, un type de larve d’insecte aquatique de la famille des éphémères. A l’approche d’un danger potentiel, il reste immobile, comptant sur son camouflage pour passer inaperçu. 
Ses mœurs et son statut critique de conservation ont justifié la mise en place d’une réglementation spécifique pour préserver ce poisson unique au monde.
 
Réglementation pour la préservation de l’espèce dans le Verdon

En 2012, un arrêté interpréfectoral de protection de biotope de l’Apron du Rhône (AIPPB) est mis en place dans les gorges du Verdon entre l’aval du Couloir Samson et la queue du lac de Sainte-Croix (la population comprise plus en amont n’ayant été découverte et confirmée qu’en 2017). Cette réglementation a pour but de limiter les piétinements humains dans la rivière et prévoit ainsi les dispositions suivantes :
– Baignade interdite,
– Pêche les pieds dans l’eau interdite,
– Activités embarquées autorisées uniquement pour un débit supérieur à 3 m3/s,
– Activités de descente de canyons, d’hydrospeed, la randonnée aquatique, la nage en eau vive, le floating et de manière générale toutes actions de marcher dans l’eau sont interdites en dessous d’un débit de 3 m3/s dans la rivière du Verdon sur les secteurs suivants :
secteur compris entre l’aplomb du belvédère de La Carelle (un peu en aval du Couloir Samson) et la passerelle de l’Estellié, secteur compris entre l’ancienne passerelle de Mayreste et la source de Bagarelle (limite amont de la queue du lac de Sainte-Croix).
– Activités de descente de canyons, d’hydrospeed, la randonnée aquatique, la nage en eau vive, le floating et de manière générale toutes actions de marcher dans l’eau sont réglementées en dessous d’un débit de 3 m3/s dans la rivière du Verdon sur le secteur compris entre la passerelle de l’Estellié et l’ancienne passerelle de Mayreste. Sur ce tronçon de la rivière, 3 secteurs sont interdits et doivent être parcourus à pied en berge (les sortie de l’eau obligatoire sont indiquées par des panneaux).

Pour plus d’information et pour avoir accès à la cartographie des secteurs réglementes :
– Le livret « Comprendre l’AIPPB Apron »
– L’AIPPB Apron (arrêté interpréfectoral)
– Le courrier scientifique du Parc du Verdon « L’eau précieuse du Verdon »
– Plus d’informations sur l’Apron du Rhône, consultez  www.aprondurhone.fr
 
Suite à la découverte d’une nouvelle population d’Aprons en 2017, entre le Couloir Samson et le Pont de Taloire, l’extension de cette réglementation est actuellement à l’étude.

Extraits 2 :
Site PNRV parcverdon.fr rubrique « actions » biodiversité « Natura 2000 »

Dans les années 90, neuf sites Natura 2000 ont été définis sur le territoire du Parc naturel régional du Verdon. Cette démarche européenne consiste à protéger un réseau de sites remarquables pour leur faune, leur flore et leurs milieux.
Le Parc naturel régional du Verdon est animateur de 6 sites Natura 2000 
 
Les sites du plateau de Valensole
Les cultures non irriguées du plateau (blé dur, lavande, sainfoin) hébergent des oiseaux qualifiés d’oiseaux steppiques. Ils nichent au sol ou près du sol, comme l’Outarde canepetière, l’Œdicnème criard, l’Alouette lulu, le Pipit rousseline, le Busard cendré…Leur survie dépend entièrement des pratiques et du paysage agricoles.
L’autre spécificité du plateau est d’héberger une espèce de chauve-souris, aujourd’hui devenue rare : le Petit rhinolophe. On le trouve en petites colonies de reproduction, suspendu et enveloppé dans ses ailes au sein des bâtiments agricoles ou des combles. Il subit aujourd’hui la crise du logement lorsque les bâtiments abandonnés s’effondrent ou lorsqu’au contraire, les bâtiments sont rénovés et rendus hermétiques à leur présence.
Le site à chauves-souris du « Plateau de Valensole » (n°FR9302007)
Le site pour la protection des oiseaux de « Valensole » (n°FR9312012)
Le président du comité de pilotage de ces sites est Bernard MAGNAN, conseiller municipal à Valensole. 
Retrouver toutes les spécificités de ces sites dans la pochette pédagogique du plateau de Valensole
Télécharger le document d’objectifs en totalité (Tome 1 – diagnostic écologique et socio-économique, Tome 2 – plan d’actions, Annexe 1 – données biologiques détaillées, Annexe 2 – atlas cartographique, Charte Natura 2000)
Pour toutes informations sur ces sites, contactez Julie MARIE (04 92 74 68 00 ou info@parcduverdon.fr).

 
Le site du Grand canyon du Verdon et plateau de La Palud

Ce site héberge des espèces aquatiques remarquables, comme l’Apron du Rhône, un poisson endémique du Rhône, dont une très belle population fréquente le moyen-Verdon. Cette espèce est en danger critique d’extinction au niveau mondial et la population du Verdon s’avère particulièrement fragile du fait de la présence des barrages qui empêche tout lien avec les autres populations (en Durance ou dans d’autres affluents du Rhône).
Les nombreuses falaises du Verdon sont également des lieux refuges pour des plantes très spécifiques comme la Doradille du Verdon (fougère endémique du Verdon que l’on ne trouve nulle part ailleurs au monde) ou de très vieux genévriers de Phénicie.
La protection de ces espèces nécessite une bonne communication auprès des nombreux visiteurs du Verdon, qu’ils soient randonneurs, pratiquants de sports nautiques ou aquatiques, grimpeurs…

(Le site « Grand canyon du Verdon et plateau de La Palud » (n°FR9301616) – Le président du comité de pilotage de ce site est Michèle BIZOT-GASTALDI, maire de La Palud sur Verdon.)

 
Le site des basses gorges du Verdon

Ce petit site concentre une biodiversité d’une grande valeur. 15 espèces de chauves-souris y sont présentes dont le Murin de Capaccini. En été, on trouve dans les basses gorges, 30 % de la population reproductrice nationale pour cette espèce et en hiver, 37% des effectifs nationaux.
Le dérangement pouvant être fatal pour les chauves-souris en hiver quand elles hibernent et en été quand elles se reproduisent, une bonne sensibilisation du public fréquentant le secteur est nécessaire, renforcée de mesures de protections efficaces.

(Le site « Basses gorges du Verdon » (n°FR9301615) – Le président du comité de pilotage de ce site est Arlette RUIZ, conseillère municipale de Saint-Julien-le-Montagnier.)

 
Le site pour la protection des oiseaux du Verdon

Ce site s’étend le long des falaises du Verdon dans lesquelles nichent plusieurs espèces rupestres remarquables. Il s’agit d’oiseaux nichant en falaise comme l’Aigle royal, le Vautour fauve, le Vautour percnoptère, le Hibou Grand-duc, le Faucon pèlerin, le Crave à bec rouge…Réfugiés dans ces milieux peu accessibles, les œufs et les poussins restent néanmoins vulnérables au dérangement. C’est pourquoi, une bonne sensibilisation des personnes pratiquants une activité en falaise est nécessaire (grimpeurs, pratiquants de highline, de saut pendulaire, de basejump, de canyoning…)

(Le site pour la protection des oiseaux « Verdon » (n°FR9312022) – Le président du comité de pilotage de ce site est Michèle BIZOT-GASTALDI, maire de La Palud sur Verdon.)

Retrouver toutes les spécificités de ces sites dans la pochette pédagogique des gorges du Verdon
Télécharger le document d’objectifs des sites FR9301616/FR9312022 partie Est, en totalité (Tome 1 – diagnostic écologique et socio-économique, Tome 2 – plan d’actions, Annexe 1 – données biologiques détaillées, Annexe 2 – atlas cartographique)
Télécharger le document d’objectifs des sites FR9301516/FR9312022 partie ouest, en totalité (Tome 1 – diagnostic écologique et socio-économique, Tome 2 – plan d’actions, Annexe 1 – données biologiques détaillées, Annexe 2 – atlas cartographique)
Pour toutes informations sur ces sites, contactez Anne Ferment (04 92 74 68 00 ou info@parcduverdon.fr)
 
Le site des Préalpes du Verdon : gorges de Trevans, Montdenier et Mourre de Chanier

Ce sont les prés d’altitude qui font l’objet d’une attention particulière sur ce site car ils sont particulièrement riches en biodiversité (parfois 35 plantes différentes sur 1m², de nombreux papillons, sauterelles et criquets). Leur existence et leur maintien sont liés au pâturage qui perdure sur les montagnes. Privés de la dent des herbivores, ces prés seraient petit à petit grignotés par les broussailles et perdraient de leur richesse. Ces milieux peuvent également être fragilisés par l’érosion des sols, qui peut être provoquée par des engins motorisés, des troupeaux trop nombreux ou passant toujours aux mêmes endroits.

 (« Gorges de Trevans, Montdenier et Mourre de Chanier » (FR9301540) – Le président du comité de pilotage de ce site est Armand FERRANDO, maire délégué de Châteauneuf-les-Moustiers (commune de La Palud-sur-Verdon).)

Télécharger le document d’objectifs des sites FR9301516/FR9312022 partie ouest, en totalité (Tome 1 – diagnostic écologique et socio-économique, Tome 2 – plan d’actions, Annexe 1 – Atlas_cartographique, Annexe 2 – Fiches habitats-espèces)
Pour toutes informations sur ce site,contactez Anne Ferment (04 92 74 68 00 ou info@parcduverdon.fr
 
Quatre autres sites Natura 2000 sont en partie sur le territoire du Parc du Verdon mais sont animés par d’autres structures :

– Le site de « l’Asse » (n°FR9301533) – contacter Ophélie CUSSAC au Syndicat mixte de défense des berges de l’Asse (06 87 23 00 37 / smdba@hotmail.fr )
– Les 2 sites de « la Durance » (n°FR9301589 et n°FR9312003) – contacter François BOCA (04.90.59.48.58 / francois.boca@smavd.org) ou consulter le site internet du Syndicat mixte d’aménagement de la vallée de la Durance
– Le site des « Sources et tufs du haut Var » (n°FR9301618) – Composé de 3 entités, ce site comprend notamment les têtes de bassins versants de plusieurs affluents de l’Argens, dont la Bresque, la Cassole, l’Eau salée… Secteurs très riches grâce notamment à la présence permanente d’eau en contexte méditerranéen, à sa nature géologique à dominance karstique (formations de tufs et de travertins), à de grands ensembles forestiers non morcelés et au maintien d’une agriculture extensive tournée principalement vers l’élevage. Ces rivières hébergent des populations de Barbeau méridional, de Blageon, d’Ecrevisse à pieds blancs et de Cistude d’Europe. Aux alentours, on peut découvrir de belles prairies entretenues par la fauche et le pâturage et de vieux boisements de chênes. Tous ces milieux sont propices à certaines populations de chauves-souris, qui trouvent des gîtes dans le bâti ou dans les cavités karstiques.contacter Dominique ROMBAUT (06 72 62 14 67 / natura2000@paysprovenceverte.fr) ou consulter le site internet du Pays de la Provence verte.

 

CHARLIE HEBDO.FR

Quand le peuple des fleuves disparaît

ALLAIN BOUGRAIN-DUBOURG · MIS EN LIGNE LE 23 FÉVRIER 2021

Barrages, produits polluants, algues brunes… L’Apron du Rhône tente de survivre tant bien que mal mais figure quand même dans la liste des espèces les plus menacées. Et le même sort risque d’arriver à ses camarades des fleuves.

 

EXCLU  WEB

Pourquoi l’Apron du Rhône ne trouverait il pas sa place aux côtés des pangolins et autres pandas qui alarment nos consciences ? C’est en substance ce que m’a demandé le collectif SOS Loue et Rivières Comtoises, qui plaide pour ce poisson flirtant avec la disparition. 

  Avec sa vingtaine de centimètres, sa tête aplatie, ses quelques bandes noirâtres barrant son corps, il n’a certes pas l’allure d’un vaillant brochet ou d’une belle carpe mais il mérite pourtant toute notre attention car il figure parmi les espèces les plus menacées de la planète.

Endémique au fleuve dont il porte le nom, on le savait présent sur quelques 2 200 km de linéaire de cours d’eau durant le XXe siècle, il occuperait moins de 200 km aujourd’hui. En cause ? Le bouleversement de son milieu naturel soumis à des constructions de barrages et autres écluses condamnant les poissons à limiter leurs potentialités d’échanges, donc de reproduction. Et ce ne sont pas les quelques dizaines de milliers d’alevins relâchés dans les cours d’eau qui peuvent compenser l’effroyable déclin. Le collectif SOS Loue et Rivières Comtoises pointe d’autres motifs tout aussi impactants avec, en tête, l’intensification de l’agriculture en Franche-Comté. « Il n’est pas seul à souffrir » précise l’association, constatant un déclin général des poissons de 50 à 80 %. De même, les éphémères dont les heures sont naturellement comptées, disparaissent avant même leur fugitive existence. Les plécoptères ne sont guère mieux lotis. Surnommés       « mouches de pierre », ces insectes au corps mou qui s’affichent dans les cours d’eau depuis le carbonifère, viennent eux aussi à s’estomper. De même que les trichoptères, reconnaissables à leurs ailes poilues, pourtant si bien adaptés aux eaux douces. Tout ce petit monde est en déclin de 25 à 50 % résume une étude rendue l’année dernière par l’Université de Franche-Comté, le CNRS, le département du Doubs, la région et l’agence de l’eau dont on ne saurait mettre en doute les compétences.

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 Dérèglement climatique : les poissons manquent d’oxygène

Le travail des scientifiques révèle également que l’on assiste à une augmentation sensible de l’azote. Dans la Loue, par exemple, les prélèvements ont démontré que 85 % au moins étaient d’origine agricole. Quant aux pics de concentration, ils apparaissent principalement en automne et en hiver, lorsque les crues apportent les polluants à la rivière. Dès lors, les bactéries et les algues brunes colonisent le milieu en favorisant l’eutrophisation d’été. Engrais chimiques, fumiers, lisiers, déjections en pâtures sont autant de polluants se désole SOS Loue et Rivières Comtoises qui plaide pour l’avenir de l’Apron, dont le mode de reproduction n’est guère favorable puisqu’il ne peut donner la vie qu’une fois ou deux durant sa courte vie de 2 à 3 ans.
Désormais, chacun est lucide d’une situation intenable, reste à agir pour inverser la tendance, ici et ailleurs. À ce propos, une étude publiée par Nature en décembre dernier, suggère que l’Europe tout entière est coupable d’agression à l’égard du peuple des fleuves. Un organisme peut difficilement parcourir plus de 1 000 mètres sans être arrêté par de grandes barges ou par une myriade de structures du type gués, écluses, rampes en tous genres, etc…

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Ces barrages qui tuent l’eau

L’affaire n’est pas nouvelle, des observations datant du Moyen-âge prouvent que les constructions de moulins contrariaient déjà les saumons voulant gagner leur frayère au point d’avoir réduit leur population de moitié. « Mais à l’époque, la densité de ces poissons était si grande que personne ne s’en inquiétait » précise Karl M. WANTZEN, professeur d’écologie à l’Université de Tours et auteur de l’analyse du phénomène européen, qui conclut que presque toutes les grandes espèces de poissons migrateurs du monde sont arrivées au bord de l’extinction en moins de deux siècles. C’est ainsi que les esturgeons, véritables fossiles vivants vieux de 250 millions d’années, se sont estompés des fleuves et rivières au point d’en disparaître.

Comment envisager l’avenir en intervenant pour réduire l’impact des barrages ? Pour répondre, il faudrait commencer par les recenser, car personne aujourd’hui ne dispose d’une carte crédible. Plusieurs projets ont été lancés pour combler ce manque d’information mais les protecteurs de la faune d’eau douce admettent qu’il s’agit d’un travail titanesque, même si des pays comme la France ont déjà établi des banques de données sur les obstacles à l’écoulement.

La revue Nature a également publié un « Atlas des barrières » révélant une situation affligeante et sous-estimée jusqu’alors puisqu’elle dévoile plus d’1,2 million d’obstacles en Europe. Alors que 10 % des entraves sont d’un usage caduc et pourraient être effacées du paysage si l’on s’en donnait la volonté… •