Musées & Édifices

MUSÉES

Musée du Patrimoine de La Sagne à 2km du village (vidéo à venir)

Depuis l’automne 2005, la ferme de La Sagne abrite le musée agricole qui se présente en deux parties :
À l’extérieur et sous hangar les machines agricoles, l’intérieur du bâtiment abritant un espace dédié aux savoir-faire de la vie quotidienne illustrés par des objets et des panneaux explicatifs à thèmes : le bois, tresser les végétaux, mener le troupeau, la volaille…
Bien que modeste, ce musée est tout à fait représentatif de la ruralité vécue à Trigance et dans ses environs.

 

Musées  des  Voûtes  (photos à venir)

Mur  de  la  Préhistoire (visuels bientôt consultables)

 

ÉDIFICES

  • Le château
  • L’église paroissiale Saint-Michel
  • Les cloches
  • La chapelle Saint-Roch
  • La chapelle Notre-Dame-de-Saint-Julien
  • Les pégaus de Notre-Dame-de-Saint-Julien
  • les anciennes chapelles
  • L’ancien cimetière
  • La Tour de l’Horloge
  • Le pont du Jabron
  • Le pont de Sautet
  • Le pont de Carajuan
  • Le pont de l’Artuby
  • Les Puits
  • La Citerne et la Fontaine Honoré GIRAUD
  • Les lavoirs de Trigance et de Soleils
  • Les Fours à chaux
  • Le monument aux morts de la guerre 1914-1918
  • La plaque commémorative de la Salle Culturelle
  • Le mur de la Préhistoire
  • La Marianne, le Buste et la Croix de Sibour Julien ROUVIER
  • Les Hameaux

  • Toutes les Pages

Le  Château  de  Trigance

Sa date de construction soulève de nombreuses interrogations : aucun document ne nous autorise à l’avancer de façon sûre et définitive. Pour certains, ce seraient les moines de l’Abbaye de Saint-Victor qui construisirent cette forteresse de méditation au IXe siècle. D’autres, en revanche, pensent que le château n’aurait été édifié que plus tard, au XIe siècle.
Véritable témoin de l’histoire, le château a accueilli deux principales familles seigneuriales : les Demandolx et les Valbelle qui se succédèrent entre le XVe et le XVIIIe siècle, à la tête du fief de Trigance.
Néanmoins, il sera inhabité à partir des années 1730-1740. En effet, les derniers seigneurs, occupant différentes fonctions politiques en Provence, délaissèrent peu à peu leur château montagnard (jusqu’à ce que la Révolution Française lui supprime sa légitimité et accentue sa dégradation).
Le château offre une enceinte flanquée à l’origine de quatre tours rondes, la quatrième, datant du XIème siècle a été entièrement démolie. Les trois tours qui existent encore, sont d’architecture différente en raison de leur édification successive. Bâties en pierre de taille, elles sont percées de meurtrières destinées à l’observation, voire au jet de projectiles en cas de guerre. L’une des tours s’élevait jusqu’à 18 mètres de hauteur dans le ciel, et le château ne comptait pas moins de quatre étages. La tour nord-ouest a été bâtie en 1108, tandis que les deux autres le furent respectivement au XVe et XVIe siècle.
Un vaste dédale de salles souterraines, de couloir, d’escaliers, de citernes (dans une tour se trouvait une citerne d’une capacité et d’un volume suffisants pour alimenter toute une garnison durant un siège de quelques mois) et d’oubliettes, témoigne de l’importance de la place.

Une tradition orale a longtemps perpétué l’idée de l’existence d’un passage reliant le château de Trigance à celui de Valcros situé à plusieurs kilomètres de là.
D’après le témoignage d’un officier de l’Empire, c’est par une galerie voûtée, appuyée contre la roche et conduisant au pont-levis que l’on accédait au château.

La première pièce qui se présentait alors, était la salle du Conseil, d’une longueur de 16 m. sur 8 de large.
A chacune des pièces était attribuée une dénomination, parfois très suggestive, comme la chambre de Cléda ou celle de Don Quichotte…
Au niveau inférieur, se trouvaient des cachots en forme de voûte et éclairés par des meurtrières. Ce genre de prison a pu abriter, selon certains, «les ravageurs des champs ou maraudeurs» qui, ainsi que l’attestent les archives, faisaient à l’époque l’objet de nombreuses poursuites judiciaires.
Bâti à l’intérieur du château, un four à pain était réservé à l’usage des différents seigneurs. Les Trigançois, quant à eux, utilisaient ceux de la commune (le four de l’Endronne et celui de la place) à condition de verser une rente seigneuriale.
Pour s’acquitter de leurs devoirs religieux, les seigneurs disposaient d’une chapelle dans le château.
En 1680, le curé de la paroisse y célébra le mariage de Barthélémy de Demandolx et Marguerite Delphine de Vento.
Au milieu du XVIIIe siècle, le «chapelain du château», Barthélémy Dol, était tenu d’y servir la messe, de même qu’en l’église, les dimanches et jours de fête.
Inoccupé depuis plus d’une demi-siècle quand souffla le vent de la Révolution, le château fut pillé, démeublé et en partie démoli.
Dans la seconde moitié du XIXe siècle, une des tours du château fut détruite pour en employer les pierres à la construction d’un moulin à Soleils.
Plus tard, l’édifice, livré à l’autorité anarchique de la végétation, a servi de carrière de pierres pour bâtir, sinon les maisons du village, du moins les encadrements des portes et des fenêtres.
Malgré l’œuvre du temps, et plus encore celle des hommes, le château, devenu bien communal, restera néanmoins imposant dans la mélancolie de ses ruines… jusqu’à ce qu’il soit réhabilité dans les années 1960…
(D’après les recherches de Marielle Lions – Revue Verdons n°9)

L’église  paroissiale Saint-Michel

De style médiéval, l’église Saint-Michel comporte un seul corps de forme rectangulaire, sans abside, le sol, pavé de grosses dalles, est en-dessous du niveau de la rue et un escalier de 3 degrés mène à l’intérieur.
La lumière pénètre sur le côté Nord-Est, derrière le sanctuaire, par 2 fenêtres de style ogival, avec vitraux représentant des Saints. Avant sa réfection, une troisième ouverture, plus petite, s’ouvrait à gauche de la porte d’entrée.

«Saint-Michel en est le titulaire, Saint-Roch le patron depuis la peste de 1628.
Elle date de la fin du XIIe siècle. Elle a subi plusieurs réparations que l’on voit sur les murs à l’extérieur, là où la maçonnerie bien appareillée en «opus quadratum» tranche avec celle en «opus incertum» jusqu’aux gouttières. Elle avait déjà été réparée en 1355.
Avec l’évolution du village, elle devient trop petite.
En 1668, l’évêque de Riez ordonne son agrandissement, mais le Prieur prébendé, soucieux de ses rentrées d’argent que des frais à entreprendre, n’obtempère pas et se trouve en constant procès avec la commune. A cette époque l’église était dans un tel délabrement qu’on pouvait à peine y célébrer la messe.»

En 1670, il est de nouveau demandé d’agrandir l’église du côté de la «ferrage» du seigneur, conformément aux contrats passés avec les entrepreneurs, sans tenir compte de la sommation d’Alexis AUTEVILLE et de ses adhérents, demandant que la construction fut faite du côté de la maison d’ANGLES et d’Henri ANTELME, notaire, qui désignent le côté du cimetière. (le vieux cimetière était dans l’actuelle cour de l’école)

«Il faudra attendre 100 ans, en 1765, pour qu’un devis sérieux soit établi.
Entre-temps, en 1636, on construit la nouvelle sacristie.
Pour palier le manque de place, en 1641, une délibération est prise pour la construction de la tribune au-dessus de la nef primitive; les travaux seront réalisés seulement en 1646, et pour les mêmes raisons. Puis c’est l’effondrement de la voûte au-dessus du chœur, ensuite l’agrandissement par une nef latérale et sa tribune, dans le même style que l’existant. Le dépouillement des archives fait ressortir que 9 prêtres et 12 seigneurs sont enterrés dans la nef principale. Les prêtres, chapelains du château, n’étaient pas inhumés dans l’église. La grande cloche a été fondue en 1715 par Jacques VASSION, de passage à Trigance, la dépense a été couverte par une imposition égale par maison.

Aujourd’hui, d’importants travaux sont en cours de finitions, une visite attentive des lieux a permis la découverte d’un Enfeu muré, face à l’entrée. Dégagé, des dalles de couverture d’un tombeau sont apparues, en partie effondrées; une fouille a permis la mise à jour de 5 squelettes, non identifiés, très bouleversés par la violation de la Tombe à une date indéterminée. Un affaissement de dallage dans la nef centrale, a été mis à jour; à 20 cm de profondeur, quelques ossements épars sont mis à jour, là, des tombes ont été bouleversées à l’occasion de travaux antérieurs. Si un financement ultérieur permet d’autres travaux sur le dallage, des investigations pourront être entreprises pour retrouver les caveaux des prêtres et des seigneurs. Cette église mérite une attention particulière, un plan sera dressé et placé à l’intérieur ». (D’après M. DESIRAT du Centre Archéologique du Var
Bulletin de l’Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Historique Trigançois 1991)

Le dépouillement des archives fait ressortir que 9 prêtres et 12 seigneurs sont enterrés dans la nef principale.

Le clocher, est une solide tour carrée coiffée d’un toit à quatre pentes couvert de tuiles polychromes.

La tribune sécurisée par un barreaudage réalisé par le sculpteur Dominique MERCY, abrite aujourd’hui un musée historique.

On appréciera le mobilier classé de l’église: croix de procession en argent et cuivre du XVe siècle, quête en cuivre du XVIIe, toiles des XVIIe et XVIIIe siècles dont l’une, le Rosaire, signée du peintre Sébastien BOURDON)

(voir la rubrique Trigance à travers la culture – Sébastien BOURDON)

Les Cloches

Cloche du campanile de l’horloge date de 1776
Cloche chapelle Saint-Roch 1642
Cloche église Saint-Michel 1782 classée Monument Historique
Les trois épargnées à la Révolution

La chapelle Saint-Roch

La peste fut un des fléaux qui décima la Provence à plusieurs reprises.
En 1340, la moitié de la population de la Provence est décimée. En 50 ans, dix épidémies se succèdent.
En 1416, 9 000 habitants quittent Draguignan et sa région pour fuir la peste.
L’année 1629 est marquée par une terrible épidémie de peste qui s’abat une nouvelle fois sur la Provence.
Face aux risques de contagion, la commune de Trigance prend rapidement ses dispositions.
Ainsi, les chemins sont barricadés, les entrées du village fermées.
Des gardes, placés à l’unique porte qui donne accès au village, sont nommés. Payés quatre sous par jour «pour donner et recevoir les bilhettes des allants et venants», ils assurent une surveillance permanente et interdisent l’entrée aux étrangers. Ces gardes sont sous la responsabilité des délégués, choisis parmi les «plus apparans» comme le seigneur François de Demandolx, les trois consuls, le curé…
En 1629, à mesure que la peste étend ses ravages à travers la Provence, Trigance redouble de vigilance.
Un préposé monte toujours la garde, et seuls les porteurs de «bilhettes» peuvent entrer ou sortir. Les consuls sont chargés de chasser les étrangers «que n’auront affere dans le lieu».
Un bureau de Santé, composé de quatre notables, se constitue afin d’assister les consuls et d’établir «une gaige pour la récompense de ceux qui vacqueront au bien du public».
De plus, ceux qui ont «des petits chiens non nécessaires» doivent «les faire mourir si mieux n’ayment les tenir fermés… à cause des putréfactions et vilainies que pourroint manger, qui pourroint par après donner de l’infection».
La commune procède également au nettoyage des rues.
Parallèlement, on interdit aux habitants d’aller en «aulcun reméraige» et de ne sortir pour les travaux des champs sans un «bilhette» qui est renouvelé toute les vingt-quatre heures.
De même, le médecin de Trigance, Pierre PELLASSI, ne doit pas franchir les limites de la commune : les consuls décident de «le priver d’aller traiter ou panser aulcun malade» des villages voisins «afin d’éviter à tout danger».
En dépit de toutes ces mesures, l’épidémie s’étend, ce qui motive la construction d’urgence d’une chapelle dédiée à Saint-Roch. Car, selon les médecins, la plupart des remèdes sont sans efficacité «signe évidant que Dieu veult vanger l’iniquité des hommes puisqu’il supprime la vertu des médicaments ordinaires et terriens, nous voulant par ce moyen attirer à la pénitence et nous induire à réclamer à luy et au mérite des saints bien heureux».
Les consuls font bâtir en toute diligence «les arcades et absides».
En outre, injonction est donnée aux marguilliers, chargés d’administrer les biens de la paroisse, de se mettre à l’œuvre, «d’y tenir la main et fournir la somme qu’il conviendra».
La chapelle voit le jour rapidement et la peste épargne Trigance.
En 1643, la construction du clocher achève l’édifice. La cloche, apportée de Lyon par Jean Honoré AUTEVILLE, est aussitôt installée. Achetée seize sous la livre et pesant 78,75 kg, elle porte une inscription latine qui indique : «Si Dieu est pour nous, qui est contre nous ?».
Plus tard, pour demander la grâce de Dieu dans la chapelle votive de Saint-Roch, la messe est célébrée pendant neuf jours consécutifs. Ainsi on enregistre notamment deux neuvaines : l’une en 1720 face à la menace d’une nouvelle épidémie de peste «pour obtenir de Dieu par l’intercession de ce saint, la délivrance de ce fléau», l’autre en 1888 à l’occasion d’une grande sécheresse pour implorer la pluie.
Les cérémonies comportaient toujours la sortie en procession de la statue représentant Saint-Roch en tenue de pèlerin, tenant une houlette à la main, son chien léchant la blessure au genou.
A Trigance, c’est la confrérie de Saint-Roch qui organise la fête patronale du village. Sa préparation fait l’objet de longues délibérations et de soins enthousiastes.
De caractère religieux à l’origine, la fête donne lieu aussi à des manifestations profanes comme la bravade et le bal, que viennent parfois troubler des disputes. Ainsi en 1634, le conseil nomme un capitaine «pour éviter les débats et querelles» et faire «la police de ladite feste».
Il reste que pendant trois jours, la fête est un motif de réjouissances pour l’ensemble de la population.
Aussi, en 1771 la commune impose l’interdiction de travailler le 16 août, jour de Saint-Roch, sous peine d’une amende de six sous.
Aujourd’hui, Trigance perpétue la tradition en dédiant la fête patronale à Saint-Roch, et chaque année une messe est célébrée en la chapelle le 16 août. (d’après les recherches de Marielle LIONS – Revue Verdons n°9)

La chapelle Notre Dame de Saint-Julien

Assise sur une éminence à la végétation abondante, la chapelle Notre-Dame de Saint-Julien se situe dans la plaine du Jabron, à quelques 4 km du village.
Elle serait bâtie, aux dires de certains, sur l’emplacement d’un édifice gallo-romain datant du IVe siècle.
La date de l’édification, inconnue, soulève de nombreuses interrogations. Il reste qu’en 1645, Notre-Dame de Saint-Julien faisait partie des six confréries de Trigance et demeure “de toute ancienneté dans l’église”.
Dès 1635, on décide que le service de la chapelle Notre-Dame de Saint-Julien se fera les dimanches et jours de fêtes ” sous peine pour le prieur d’y être contraint par voie de justice “.
C’est dire combien l’activité religieuse y est importante, l’endroit étant pourtant éloigné et les trigançois s’y rendant à pied.
L’accès en est d’ailleurs facilité à partir de 1646, suite à la délibération du conseil municipal, le prêtre, Pierre Cartier, est chargé de procéder à la réparation du chemin qui conduit à la chapelle.
Ce travail incombe aux villageois eux-même et ceux ” qui n’y voudront aller ” se voient retrancher la somme de cinq sous par homme et de deux sous et demi par femme.
Preuve encore de son rayonnement, la chapelle est flanquée d’un ermitage dans lequel un religieux, en 1656, choisit de se retirer pour y finir ses jours. Dans le même temps, le conseil décide d’acheter avec les fonds des confréries de Trigance, un habit destiné à l’ermite.

En 1656, une neuvaine servie par trois prêtres est célébrée en la chapelle. L’année suivante, avec la permission de l’évêque de Riez, on assiste à la célébration d’une grande messe ainsi que d’une procession à Notre-Dame de Saint-Julien pour tenter d’exterminer les chenilles qui provoquent des ravages sur les arbres et les cultures.

En 1697, Pierre Claude de Demandolx, chevalier de Saint Jean de Jérusalem, commandeur de Beaulieu, lègue la somme de 600 livres à Notre-Dame de Saint-Julien, à charge pour le prêtre de dire, chaque semaine, une messe pour le repos de son âme.

Dès le début du XVIIIe siècle, la fonction de régent des écoles, le plus souvent remplie par le prêtre, s’accompagne de l’obligation de servir la messe.
La paroisse de Trigance, qui dépend de l’évêché de Fréjus, se voit accorder ” des permissions supplémentaires ” en 1831. Ainsi doit-on faire célébrer, ” le jour de l’Assomption, de grand matin, une messe à la chapelle rurale Notre-Dame de Saint-Julien où on se rendra processionnellement.

Au fil des années, l’édifice subit les affres du temps. Ainsi, en 1861, le conseil de fabrique, chargé de gérer les biens de la paroisse, aidé du frère ermite, déplore les dégâts qui nuisent à la cérémonie du culte.
Il propose alors de construire une voûte sous la toiture de la chapelle pour mettre un terme à l’infiltration des eaux durant la fonte des neiges ou par temps d’orages. Pour le curé, une telle restauration permettrait de continuer la célébration des Saints Mystères aujourd’hui presque impossible ” par le danger qu’il tombe du crépissage sur les personnes présentes et surtout au milieu de l’autel “. L’urgence de ces réparations se fait sentir, ” pour entretenir et augmenter la piété et des dévotions des fidèles envers Marie notre bonne mère “. différés par manque d’argent, les travaux ne commencent qu’en 1866.
Pascal, maître maçon de Trigance, se charge de leur exécution. La dépense est couverte par la fabrique, par plusieurs legs à la confrérie de Notre-Dame, par la vente des ruines de la chapelle Sainte-Marguerite, et par le produit des quêtes. Ainsi, ” la cérémonie du culte peut se faire convenablement “.

Aujourd’hui, une messe est célébrée à la chapelle Saint-Julien, le jour de l’Assomption, le 15 août de chaque année. (d’après les recherches de Monsieur Michel PELLISSIER)

Les pégaus de Notre-Dame-de-Saint-Julien

Le « pégau », un simple petit pot culinaire du quotidien, destiné à réchauffer les liquides, a connu un destin particulier au Moyen Âge. Il accompagne souvent le défunt dans sa sépulture qu’elle soit en pleine terre, en coffrage de pierres, dalles de calcaire et lauzes ou en sarcophage. Il est généralement placé à la tête du mort, parfois soigneusement protégé par une pierre ou une tuile. (…) Dès le XIIe siècle et au XIIIe siècle, ils sont pour la plupart tournés dans l’argile locale, exceptionnellement modelés selon un exemple à Trigance. (…) Parmi les découvertes dispersées, citons trois tombes à pégau à Notre-Dame-de-Saint-Julien à Trigance (LAURIER, BORREANI, CONTE 2014) (…)

cette pratique semble avoir cessé au cours du XIVème siècle (…)

(extraits de Terres Varoises Xe – XXe (Henri AMOURIC, Bernard ROMAGNAN, Lucy VALLAURI)

Anciennes chapelles dans le village : 

Saint-Clair : construite en 1640, elle a été successivement dédiée à Saint-Barthélémy, puis à Notre-Dame-du-Bon-Secours et enfin à Saint-Clair dont le buste reliquaire a été conservé dans l’église paroissiale. Elle était le siège de la confrérie des Pénitents Blancs. Désacralisée et vendue par la commune en 1920.

Saint-Esprit : Sa date de construction reste inconnue. Elle était le siège d’une confrérie de bienfaisance du même nom déjà citée au XVIIe siècle

Saint-Joseph près du Gîte d’Etape : édifiée vers 1646 par Pierre ANTELMY, Vicaire général de la cathédrale de Fréjus. Né à Trigance (1598-1668), fils de Jacques ANTELMY, bourgeois et marchand à Trigance, et de Jeanne CARTIER. Elève des Jésuites d’Avignon, il fut docteur à la Sorbonne en 1627 et ordonné prêtre à Aix-en-Provence en 1628. Son oncle Nicolas lui céda alors le prieuré de Saint-Louis à Fréjus. Vers 1645, dix après la mort de son oncle, Pierre ANTELMY fit construire dans ses terres la chapelle Saint-Joseph à Trigance. La ferme de la Fontaine-Basse appartenait au chanoine Pierre ANTELMY. Après sa mort, Joseph AYCARD, ménager d’Estelle, fut acquéreur de ces terres en 1774.

L’ancien cimetière :

L’ancien cimetière se trouvait en lieu et place de l’actuelle cour d’école !

On retrouve le vestige d’une pierre tombale sous le mur de la mairie.

Jean ROUVIER, maçon à Brenon, raconte qu’en creusant la fosse septique sous le préau de l’école, il trouva plusieurs couches de squelettes superposées à des couches de chaux.

La Tour de l’horloge

Les premières horloges de Haute Provence datent du milieu du XVIIIe siècle.
En 1727, les consuls de Trigance, décident de faire construire une tour horloge, et pour subvenir à la dépense, ils établissent une taxe de 20 sous par cote pendant 6 ans. La Dame de Trigance, Anne-Marie de DEMANDOLX, offre de payer le tiers de la dépense, de nourrir l’horloger et de faire venir les fournitures nécessaires.

En 1766, les consuls de Trigance passent un marché avec Jacques COLLET, horloger de Draguignan et Joseph PERRACHE, serrurier de Fayence.
Cette tour sera construite sur la maison des marguilliers du Saint-Sacrement et achevée en 1776.

Le pont du Jabron

Initialement construit en planches, le pont qui relie les deux rives du Jabron constitue une voie d’accès essentielle. Il subit à plusieurs reprises le déchaînement de la rivière, entraînant aussi les terres qui la bordent.
En 1636, le conseil vote un impôt d’un setier par maison pour la réparation du pont, qui était endommagé “par le grand desbord des eaux”.
Pourtant, dès 1642, une nouvelle crue impose encore des travaux “pour que bestes et gens puissent passer commodément”. A cet effet, Jacques AUTEVILLE, consul de Trigance, se charge d’ employer “tels hommes, payés douze sous par jour, qu’ il advisera, de tirer tout le bois nécessaire, et d’ acheter les ferrures chez le maréchal de la ville”.Le coût total s’élève à cent douze écus.
Cinquante ans se passent, suite à un nouveau débordement des eaux “du torrent”, le conseil, en 1692, décide d’ “accroistre” une des arches du pont, en grande partie disloquée.
L’ouvrage, “d’une très grande commodité”, menace de s’écrouler si l’on n’y remédie pas rapidement.Peine perdue : deux ans plus tard, il est entièrement détruit.
Les Trigançois ne sont pas au bout de leurs peines.Des pluies torrentielles s’abattent les 15, 16, et 17 octobre 1702 : le Jabron ensevelit les terres riveraines, et dévaste les cultures.Aussitôt, le conseil dresse un procès-verbal des inondations à l’attention des procureurs du Pays, pour obtenir “quelque soulagement des grandes charges dont ceste pauvre communauté est accablée”.

Quelques années plus tard, en 1707, les consuls décident, la construction d’un pont à trois arches.
Pour ce faire, quarante livres de gros fer sont nécessaires, ainsi que l’abattage de nombreux arbres afin d’y équarrir les poutres. Pas moins de cinquante trois hommes se mettent à l’ oeuvre. La dépense est couverte par une imposition de vingt sous par habitant.

Face à une rivière indisciplinée, l’ouvrage doit être régulièrement réparé et entretenu. Malgré tout, il s’effondre en 1740. C’est alors que Jacques GAY, notaire à Comps, et Jean TUREL, bourgeois de La Palud, adressent aux procureurs du Pays un rapport sur l’étendue des dégâts.

Loin de se décourager, quinze ans plus tard, la commune nomme Pierre ROUVIER, deuxième consul, pour exposer devant l’assemblée de la viguerie convoquée à Draguignan, le triste état dans lequel se trouve la communauté de Trigance, à la suite des orages qui se sont succédés depuis 1740.

En 1758, un certain BOYER, menuisier, est chargé de “tenir la planche en place” moyennant dix-sept francs par an. Enfin, l’année suivante, le conseil envisage l’édification d’un pont en pierre, seul garant d’une plus grande solidité pour affronter la colère des eaux. La viguerie de Draguignan accorde, à cet effet, une subvention de trois milles livres.

Plusieurs offres se présentent pour l’exécution des travaux.
C’est finalement celle d’Antoine PAYAN, maçon de Grasse, aidé de cinq tailleurs de pierres, que l’on retient. Mais bientôt, il soulève les protestations parce qu’ il “ne fait pas du bon travail et … n’ employ pas du bon mortier”, faisant ainsi craindre que le pont “ne sera pas solide comme l’on attendait”.
Néanmoins, l’ouvrage est achevé en 1761.

(d’après les recherches de Marielle LIONS- Revue Verdons n°9)

Le pont de Sautet

Le pont de Carajuan

Le Pont sur l’Artuby

En béton armé, composé d’une arche unique de 107m et surplombant la rivière de 138m , a été construit entre 1938 et 1940 mais ne sera inauguré qu’en 1946.

Les  Puits

Du fait de son implantation, le village ne pouvait pas avoir d’eau vive. Le souci constant des consuls a été d’assurer le ravitaillement en eau.

En 1659 : des travaux préparatoires sont réalisés par Antoine DAVID pour capter l’eau qui suinte sur les rochers et s’infiltre, au puits d’Aubette, et l’amener à une fontaine dite Fontaine Neuve du Gros Buis.
La construction est confiée à René TROTOBAS, tailleur de pierre. Il construit la grotte et pose les tuyaux. Les fournitures sont fournies par Monsieur CLERICI, potier à Castellane (136m de tuyau). Une indemnité est versée pour dédommager les propriétaires des jardins traversés par la canalisation.
Cette source donne une eau assez belle pendant l’hiver et la période des pluies, mais elle tarit l’été. Il est donc décidé de creuser des puits.

En 1700 : construction du premier puits, celui de la place, qui a été comblé lors de la construction de la fontaine actuelle.
Les eaux d’écoulements devaient se rendre dans un bassin situé sur la route devant la maison GIRAUD.
La construction du puits est consécutive à la découverte d’un filet d’eau près de la Chapelle des Pénitents. Les propriétaires des terrains contigus au puits sont tenus de le tenir propre.

En 1744 : des chercheurs d’eau sont consultés, dont le sourcier de Montagnac et Bernard ROCHEFORT de Grenoble qui a effectué des recherches dans le champ de Joseph GIRAUD; pour le payer, il a été voté une taille de 1h30 par habitant afin de réaliser 65 écus.

En 1750 : un emplacement paraît favorable à la rue du Collet. Le puits, dit de Farlempou, est construit au milieu de la rue, face à la maison des AYCARD, maçonné et on conduisit sous la gouge l’eau de la maison René LIONS.

En 1748 : on met à l’enchère la construction du puits de la Rouguière. Le puits Neuf, sur le chemin du Preil, est construit un peu plus tard et il semble que ce soit le dernier. Une calotte semi-sphérique le recouvre.

L’entretien des puits était assuré moyennant des gages. En 1718, il est confié à Joseph TROTOBAS moyennant le gage annuel de 50 sols. En 1765, il est accordé à Pierre GIBELIN aux gages annuels et l’abandon à son profit du fumier qui serait disposé autour. .

Quand l’eau manquait en été, la population n’avait plus que la ressource d’aller la prendre à Fontaine Basse.

Cette situation a duré jusqu’au jour où Honoré GIRAUD, originaire de Trigance, mais habitant Paris, fit, en 1878, un don important en faveur de son pays d’origine qui a permis, en 1881, la construction de la citerne qui recueille l’eau des pluies en hiver et la distribue à la fontaine de la place.

La citerne et la fontaine Honoré GIRAUD

Véritable richesse et symbole de vie, l’eau constitue un élément crucial, en particulier dans nos villages de Provence brûlés par le soleil.
La commune de Trigance, pour subvenir aux besoins de la population, ne dispose que de deux puits situés sur le chemin de la Rouguière à la sortie du village.
Ces puits sont alimentés par de petites sources qui offrent un débit abondant en hiver, mais tarissent cruellement en été.
Aussi, durant la période qui court du mois de juin au mois de septembre, la population connaît d’importantes pénuries d’eau et subit les affres de la sécheresse.
Les habitants de Trigance, sont alors contraints à se rendre, le plus souvent à dos d’âne, dans la vallée où se trouve une fontaine dont on n’a plus trace aujourd’hui.

Ainsi, Trigance est menacé de voir poindre les prémices de l’exode rural, tant il est vrai que le maintien de la vie du terroir passe par une solution durable de l’alimentation en eau, non seulement pour la consommation ménagère, mais surtout pour l’irrigation agricole.
C’est pourquoi, afin d’emmagasiner les eaux pluviales qui sont surabondantes en hiver, et de les redistribuer en été, la municipalité conçoit le projet de construction d’une citerne, qui est approuvé le 25 mai 1881 par la Préfecture du Var.
Très vite, pas moins de quinze maçons se mettent à l’œuvre et, après plusieurs mois de travaux, la citerne voit le jour en aval du chemin de la Rouguière.
De forme rectangulaire (longueur : 18 m, largeur : 12 m, profondeur : 4 m), le bassin offre une capacité, selon le devis, de 535,110 litres qui, déclinée par jour et par habitant, s’élève à 22,25 litres pour les mois de juin, juillet, août et septembre.
Ce même projet prévoit également l’édification, sur la place du village, d’une fontaine alimentée par la citerne au moyen d’une conduite en tuyaux de fonte.
C’est l’année suivante, en 1882, qu’est construite cette fontaine. Le coût total des deux édifices se monte à 17 000 francs. Si Trigance est en mesure d’inaugurer ainsi son premier réseau de distribution d’eau, c’est grâce au généreux don d’Honoré GIRAUD, natif du village (« qui était le cousin de mon grand-père BERNARD. D’ailleurs mon grand-père était parti vivre avec lui, ses fils se souviennent que mon grand-père les accompagnait à l’école.» – Marcelle BAL) et ayant fait fortune par la suite, dans le négoce du bois et du charbon, à Paris.
La citerne porte donc son nom,de même que la fontaine,sur laquelle on peut lire : “Souvenir de la libéralité d’Honoré Giraud, de Trigance, demeurant à Paris, 1882 “.

Les  lavoirs

  • A Trigance : Quelques années plus tard, en 1887, en application de la loi du 3 décembre 1851 imposant à chaque commune de France la réalisation d’un lavoir par mesure d’hygiène, le Conseil municipal décide la construction d’un lavoir public alimenté par la citerne.
    Joseph GUES, entrepreneur à Trigance, est chargé de l’exécution des travaux dont le coût s’élève à 803 francs.

Ainsi, la citerne GIRAUD, desservant à la fois la fontaine et le lavoir, permet l’alimentation en eau des Trigançois… jusqu’en 1958, année de la première adduction d’eau.
En 1982 le centenaire a été dignement fêté, avec la municipalité, et toute la famille descendante du généreux donateur.

  • Au hameau de Soleils

Le  Moulin  de  Soleils

Un procès relate en 1513 les exactions du seigneur de Trigance, Claude de Demandolx envers ses paysans qui, pour ne pas payer de fortes redevances, construisirent leur propre moulin. Furieux, le seigneur, accompagné dune troupe d’inconnus armés détruisit le moulin de la dite communauté (Jacques Cru, les Gorges du Verdon dans l’Histoire de la Provence et archives municipales de Trigance).

.Au milieu du XIXe siècle, la rivière du Jabron était souvent à sec et depuis longtemps les moulins ne tournaient plus. Il fallait bien trouver une solution pour ne plus moudre dans les villages voisins quand le besoin s’en faisait sentir.

Les anciens savaient qu’aux confins de la commune, à la frontière des Basses-Alpes et du Var, coulait le Riou, qui donne de l’eau même en saison sèche. C’est l’endroit idéal d’autant qu’on vient justement d’ouvrir une route qui va à Castellane (aujourd’hui la R.D. 955) en enjambant le Verdon sur le pont de Soleils. Il faut donc construire au pied du ruisseau.
Ce sera le dernier dans l’histoire du village. Honoré PASCAL, maçon de son état, entreprit les travaux, le pauvre bougre (ne dit-on pas qu’il utilisa des pierres du château pour la construction, si bien que la municipalité lui demanda d’arrêter dé transformer le château en carrière).
On sait que les frères ANTELME, négociants-épiciers, possédèrent le bien. L’ont-ils exploité en tant que meunerie?

Mais comme tous les “Maître CORNILLE” de Provence, le moulin cessa son activité dans les années soixante.
D’autre reprirent le flambeau comme cette communauté à qui l’on doit une bonne remise en état, ou cet autre lyonnais qui y développa une auberge “à la bonne franquette”, bien arrosée d’une eau de vie de son père…
En 1989, deux familles s’installent et redonnent vie au moulin, le dernier encore en activité en Provence.

Les  Fours  à  chaux

Autrefois, la chaux était présente partout dans notre région et servait de liant pour la construction et toutes sortes d’autres applications.

Notre canton possède encore des vestiges de ces anciens fours à chaux. On les trouve dans nos forêts, souvent à côté de ruines, dans des endroits où les pierres calcaires abondent.

La fabrication de la chaux consiste à convertir en chaux, par l’action du feu, la pierre calcaire. Celle-ci, soumise à une forte température – 900° – perd son eau et son acide carbonique pour devenir carbonate de calcium. Après plusieurs heures de cuisson les pierres devenues blanches se transforment en chaux vive. Mélangées à l’eau, elles deviennent de la chaux éteinte. A ce stade, elle est prête à l’emploi. Sous forme de pâte, mélangée à du sable fin, on l’utilise comme liant pour les mortiers de maçonnerie, ou bien pour élaborer des enduits de peinture à fresque. Très diluée, on s’en sert pour badigeonner les murs des caves ou des bergeries, ou bien, mélangée à des pigments naturels, on s’en sert comme peinture dans la décoration intérieure. A l’état de pâte et à l’abri de l’air, on peut la conserver indéfiniment.

Sur le site de l’ancienne maison de pays de Trigance, à la Sagne, Dominique MERCY, sculpteur de son état, s’est employé, au début de l’année 2005, à réhabiliter deux fours à chaux, aux fins de faire découvrir l’art de la fresque aux écoliers du canton de Comps.
Le premier est de construction traditionnelle en pierres calcaires du pays : la voûte du four est en réalité la matière première qui se transformera en chaux. Il ne servira jamais car il restera le témoin de notre mémoire. (…). Il faut savoir qu’à chaque cuisson le four est détruit car il est la base de la chaux même.
Le deuxième four a été réalisé en briques réfractaires afin qu’il puisse servir de très nombreuses fois. Il permettra de cuire des pierres à chaux et servira de démonstrations ponctuelles, dans le cadre  d’interventions ou de stages avec les élèves des écoles de la région malheureusement trop vite abandonnés.

(d’après les recherches, projets et réalisations de Monsieur Dominique MERCY)

Le  Monument aux Morts de la guerre 1914-1918 

Place du vieux lavoir, inauguré le 10 septembre 1922.

“Le Conseil Municipal de la Commune de Trigance, a été assemblé au lieu ordinaire de ses séances sous la présidence de Monsieur DOSSOLIN Louis, Maire.

Ont été présents à cette Assemblée : Messieurs ROUVIER J., TROIN A., DEMANDOLX A., GUICHARD V., AYCARD J.B., AYCARD E., et CARTIER L. Monsieur le Maire expose au Conseil Municipal qu’il y aurait lieu d’inaugurer le Monument Commémoratif aux Morts pour la Patrie de la Guerre 1914 à 1918 le 10 Septembre 1922 à onze du matin.

Le Conseil Municipal oui l’exposé de Monsieur le Maire, l’approuve à l’unanimité et prie Monsieur le Préfet de vouloir bien l’approuver et autoriser. Les membres présents ont signé au registre.”

Il s’agit d’un obélisque tronqué, portant une palme et une croix. Celui-ci est surmonté d’une urne sobre. Quatre obus enchaînés encadrent le monument, placé sur quelques marches.*
Inscription : Trigance à ses morts glorieux. Guerre 1914-1918.

La croix de guerre qui y figure, est incomplète, ne comportant pas les deux épées ni la figure féminine.
*(Sources : «L’Art et la Mémoire de 1914-1918 dans le Var»)

Nombre de tués 22 :

1914

Jules Alexandre PASCAL de Trigance, né le 2 octobre 1889, cordonnier, fils de Léonce Philémon et de Augustine Marie ARTAUD. Il habitait rue du Portail. Bon pour le service armé, matricule 04943, il effectua son service militaire à Toulon à compter 5 octobre 1910, au titre de soldat cordonnier dès le 21 octobre 1911. Libéré de ses obligations le 25 septembre 1912 muni de son certificat de bonne conduite, il fut rappelé le 2 août 1914 et incorporé au 111ème R.I. d’Antibes.

«Soldat dévoué et plein d’entrain. Tué glorieusement à son poste de combat le 20 août 1914 à Dieuze. Croix de guerre avec étoile de bronze ».

Disparu à Dieuze selon l’avis ministériel du 10 février 1917, il ne sera déclaré décédé que le 14 janvier 1921 par avis à la mairie de Trigance. Un secours de cent cinquante francs fut payé le 7 mars 1917 à Madame veuve PASCAL (sa mère) née ARTAUD.

Henri Marius ROUVIER, né le 14 juillet 1891 à Trigance, cultivateur, orphelin, il avait comme tuteur Jules PASCAL. Incorporé au 111ème R.I., il sera fait prisonnier le 20 août 1914 à Dieuze. Interné à Grafenwöhr (en Bavière), puis à Pucheim (Bavière) par avis ministériel du 19 avril 1916, hospitalisé en Suisse le 10 juillet 1917 (avis ministériel du 18 août 1917), il sera rapatrié le 20 novembre 1917, (avis ministériel du 5 décembre 1917), il finira par être évacué sur l’hôpital auxiliaire n°121 à Marseille le 28 janvier 1918 où il décédera le 22 juin 1918 suite à une maladie contractée en captivité, selon l’avis ministériel du 17 juillet 1918.

Louis GIREL, né à Rougon au hameau d’Entreverges le 10 mars 1890, fils d’Eugène Honoré et d’Émilie GUICHARD, rengagé le 25 octobre 1913 pour deux ans, incorporé au 163ème R.I., sera porté disparu le 29 août 1914 à Anglemont dans les Vosges – présumé blessé – et déclaré décédé par avis du 22 septembre 1916

Léon BLANC, né à Trigance le 12 juin 1881, incorporé lui aussi au 111e R.I., décédera à l’Hôpital mixte de Bar le Duc le 6 novembre.

Augustin Marius ROUVIER, né à Rougon le 5 septembre 1878, incorporé au 27ème B.C.A. disparaîtra le 30 sept. 1914 à Vic sur Aisne (il sera déclaré décédé le 24 juin 1917…)

Baptistin Gastaud Jean-Baptiste CARBONNEL né le 8 mars 1877 à Trigance, (dont la famille partira s’installer à Comps), incorporé au 311ème R.I., sera porté disparu le 26 septembre 1914.

1915

Paulin, Marius ANTELME, né à Trigance le 16 septembre 1881. Célibataire, il habitait à Fontaine Basse ou La Bastié (selon les sources). Fils de Avit Frédéric et de feu Valérie Thérèse ANTELME domicilié à Trigance, matricule 737, incorporé au 7ème Bataillon de Chasseurs Alpins, tué le 17 février 1915 à 8h00 sur la commune de Wattwiller (aujourd’hui réputée pour son eau minérale…) dans l’Hartmannwillerkopf

Lucien Stanislas AYCARD né à Trigance le 6 août (9 mai ?) 1880, habitant en lieu et place du restaurant le Cafoucho, incorporé lui aussi au 7ème B.C.A. disparu le 3 mai 1915 sur la commune d’Hartmannwiller.

Marcellin Joseph LAUGIER né à Trigance le 13 juin 1874, père de Louis de Giravail où il possédait une maison, fils de Justin et de Marie Agnès AYCARD, incorporé au 5ème Bataillon Territorial de Chasseurs, trouve la mort le 12 juillet 1915 à 21h00 à Kruth, dans le bois au-dessous de la route de Sondernach (dans la vallée de Munster).

Eugène Marcelin LIONS né à Trigance le 11 janvier 1887, cultivateur, fils de Jules Jean-Baptiste et de Marie AYCARD, incorporé dans la 7ème Compagnie du 153ème Régiment d’Infanterie avec lequel il participa à la bataille de Morhange les 19 et 20 août 1914 et à la première bataille d’Ypres en octobre 1914, sera tué à l’ennemi le 15 juin 1915 à Neuville Saint Waast dans le Pas de Calais (Avis officiel le 17 mars 1916).

1916

Albert, Robert, Alexandre CARBONNEL est né le 30 juillet 1889 à Trigance où il habitait quartier du Priola (maison aujourd’hui en ruine). Exerçant la profession de charretier, il était le fils de feu Honoré et de Marie MAURIN. Il avait d’abord été classé « affecté spécial de la Compagnie des Chemins de Fer de PLM », puis affecté au 111ème Régiment d’Infanterie de Toulon, avant d’atterrir au 312ème R.I. . Engagé dans la bataille de Verdun vers Chattancourt et la Hayette, c’est au cours de l’attaque allemande du 15 juin qu’il sera mortellement atteint. Il sera déclaré « tué à l’ennemi »le 24 juin 1916 à Fromeréville à 10 km de Verdun sur la rive gauche de la Meuse .

1917

Marcellin, Henri GAYMARD (orthographié GAIMARD sur livret matricule), est né à Trigance au hameau de Soleils le 17 mai 1888. Classe 1908, charretier, il est le fils d’Auguste et de feu Clovis Zoé ANTELME domicilié à Trigance. Incorporé au 22e Régiment d’Infanterie Coloniale dans la 2ème Cie de Mitrailleuses dès le 3 août 1914 , matricule 06354, il participera à la bataille de la Marne entre le 6 et le 11 septembre 1914, à l’offensive de Champagne en 1915, et à la bataille de la Somme en 1916 et sera tué au combat de Laffaux ce 16 avril 1917 à 10h00.

Rozin GIREL, né à Rougon dans le hameau d’Entreverges le 1er sept. 1897, berger, fils d’Eugène et d’Emilie GUICHARD, incorporé au 267ème R.I., sera tué lui, le 30 avril 1917 dans secteur du choléra près de Berry-au-Bac au Chemin des Dames.

Fernand Firmin André Marius CARTIER (parent avec la mère de Jean BLANC), né le 12 décembre 1896 à Trigance où il habitait au quartier de la Graou, incorporé au 23e B.C.A., sera tué à l’ennemi le 21 octobre sur le plateau de Californie dans la partie orientale du Chemin des Dames dominant le village de Craonne.

Sylvain, Albin ROUVIER né à Trigance le 6 novembre 1897 (matric.7041), cultivateur, fils de Louis Victor et de Noémie TURREL domiciliés à Trigance, incorporé au 24ème B.C.A. dans la 9ème Compagnie, sera tué d’un éclat de grenade près de la ferme du Panthéon à l’ouest du Chemin des Dames près de Pargny Filain le 23 octobre 1917.

Léon Hippolyte Michel GIRAUD qui vit le jour à Trigance le 8 mai 1892, fils d’Hippolyte, Eugène cultivateur, et d’Anne Augustine Constance GAYMARD née à La Martre. Voisin et grand ami de Jules PASCAL, il habitait la maison de Gilles LIONS (petit fils de Rosa GIRAUD sœur d’Hippolyte) en montant de la rue du portail vers la place Giraud.

Incorporé comme matelot 2ème classe, mécanicien, il disparut en mer au large de Port-Vendres, le 6 septembre 1917 dans la perte du chalutier «Jeanne I» coulé par abordage accidentel avec le vapeur anglais «Kintack». Une plaque émaillée avec son portrait figure sur un mur de l’église Saint-Michel.

1918

Jules, Albin GUICHARD est né à Trigance le 30 mars 1894 (classe 1914). Cultivateur, il habitait au hameau de Soleils, (à priori la maison de Jacky Blanc ou à côté), fils de Victor et d’Augustine LIONS. Matricule 436, il est incorporé au 367ème RI dans la 14ème Compagnie. Depuis avril 1916 le 367ème R.I., rattaché à la 73ème Division, est engagée dans la bataille de Verdun. Évacué une première fois le 12 septembre 1917 pour maladie, Jules rejoint le corps le 16 janvier 1918. Le 27 août 1918, il est blessé d’un éclat d’obus dans le secteur du bois des Merliers à l’ouest de Boureuilles dans la Meuse.

Il décédera des suites d’une fracture compliquée de la cuisse gauche considérée comme inopérable à l’hôpital d’évacuation de Fleury sur Aire, le 27 août, à 15h00. Il est inhumé au cimetière militaire de Rembercourt aux Pots (arrondissement de Bar-le-Duc) le 1er mai 1922, tombe 959 PV 7896.

Louis Félicien RICARD, et son menton à fossettes, est né lui aussi à Trigance le 19 août 1892. Il est le fils de Louis RICARD, frère d’Augustine GIRAUD, et de Marie JAUFFRET domiciliés à Trigance. Cultivateur, célibataire, il habitait la Colle, (une maison, dite, «chez Nathalie», aujourd’hui en ruine,).

Classe 1912 il fut incorporé au 23ème Régiment d’Infanterie Coloniale et sera de tous les combats de ce régiment.

Le 5 octobre 1918, il trouve la mort à Nogent-l’Abesse entre Berru et Prunay.

Appolinaire Louis ROUVIER né le 23 juillet 1881 à Trigance, grand père de feu Guy ROUVIER, habitait Rocabrier. Matricule 116, il est incorporé au 15ème C.O.A. (Section de Commis et Ouvriers militaires d’Administration) est déclaré « mort pour la France » à l’hôpital de Toulon des suites d’une maladie contractée aux Armées : tuberculose pulmonaire

1919

Joseph Marcellin AYCARD né le 12 février 1878 à Trigance, incorporé au 5ème Bataillon Territorial de Chasseurs est décédé d’une pneumonie grippale le 5 février 1919 à l’hôpital militaire Villemanzy à Lyon (fermé en 1945).

Pons Angelin LIONS né le 11 mai 1872 à Rougon, cultivateur, fils de feu Hippolyte et de Marie HERMELLIN, pourtant envoyé en congé le 25 septembre 1894 en attendant son passage dans la réserve le 1er novembre 1896 au RI de Digne, puis ajourné pour faiblesse en 1910, dispensé, ses frères étant morts aux services, et renvoyé provisoirement dans ses foyers le 31 août 1914. Il fut rappelé à l’activité au 145ème Régiment Territorial d’Infanterie le 25 septembre 1914, avant de passer au 46ème Régiment Territorial d’Infanterie le 22 novembre 1915. Détaché à l’atelier de construction le 6 juin 1916, passé à la Poudrerie Nationale de Toulouse le 30 juin 1916, il est incorporé au 10ème Régiment d’Artilleurs à Pied le 27 juillet 1917 puis au 7ème Bataillon de Chasseurs le 10 novembre 1917 pour être mis en congé illimité de démobilisation, il décède le 17 août 1919 à l’hôpital de Castellane.

1920

Félicien François Joseph BERNARD né le 10 octobre 1898 à Trigance, cultivateur, fils de Pierre Maurice et de Rose Anastasie ROUVIER fut dans un premier temps ajourné pour insuffisance de développement le 20 janvier 1917. Il est incorporé à compter du 18 avril 1918 au 403ème R.I. Il participe, avec son régiment, à la seconde bataille de la Marne puis, dans l’Aisne, tente de résister à l’offensive allemande.

Incorporé le 7 juillet 1919 au 34ème RI. puis au 1er R.I. Coloniale le 19 juillet 1919 . Il décède le 16 octobre 1920 à l’Hôpital de Saint Mandé.

La  plaque  commémorative  de  la  salle  culturelle

De 1933 à 1942, le jeune Louis Dominique CASTILLON né à Trigance le 9 août 1922, fils de Louis CASTILLON Receveur des Postes et, d’Élisabeth LIONS, va poursuivre, au Lycée de Lorgues, de brillantes études qui le destinent à une carrière d’ingénieur. En 1943, il est surveillant dans ce même lycée, alors que son père, arrêté en décembre 1940 pour ses opinions politiques, est interné à la prison St. Sulpice-la –Pointe près de Toulouse.
Réfractaire au Service du Travail Obligatoire, Louis refuse de convoyer les camarades de son âge pour ces départs. Recherché, il opte pour la clandestinité. Après un bref passage à Trigance, en avril 1943, le contact avec un groupe de résistants de St. Zacharie arrive trop tard. Il est arrêté et envoyé dans un camp disciplinaire en Allemagne, près de Magdebourg, dans les mines de sel.
Accusé de sabotage par les nazis, il va subir d’affreuses tortures et souffrances physiques tout au long de sa déportation.
Il est libéré par les Américains le 15 mai 1945, après deux années de calvaire.
Très affaibli par la tuberculose et les mauvais traitements des médecins, il ne peut être rapatrié en France. Sans nouvelle de sa famille, de son père qu’il croit disparu, il meurt d’épuisement dans ce camp le 25 mai 1945, à l’âge de 23 ans, huit jours après sa libération. Il est enterré au bord d’un chemin par des prisonniers de guerre italiens.
Entre temps son père, rentré de Buchenwald le 1er mai 1945, apprenant où se trouve son fils et l’extrême gravité de son état, repart aussitôt le chercher. Un compagnon de déportation, Marcel DASSAULT, lui proposera même d’affréter un avion spécial. Mais, après bien des péripéties, et malgré tous ses efforts, il arrivera trop tard.

Le corps de Louis Dominique CASTILLON ne sera rapatrié qu’en 1951 et enterré à Villecroze dans le caveau paternel au cours d’obsèques nationales. (J. GIRAULT)

Le  Mur  de  la  Préhistoire

Inauguré le 12 octobre 2019, il retrace à travers  11 plaques, les 100 millions d’années d’histoire de la vallée du Jabron depuis l’océan alpin jusqu’à la vallée agricole d’il y a 200 ans.

La Marianne, le Buste et la Croix de Sibour Julien ROUVIER

Cultivateur, puis tailleur de pierres né le 17 janvier 1862 à Trigance, décédé le 15 avril 1901 à Trigance à l’âge de 39 ans.

La croix

Datée de 1898. Aujourd’hui installée à côté de l’entrée de l’église Saint-Michel, elle a passé plus d’un siècle sur le clocheton de la chapelle Saint-Roch.

Le buste

Installé devant le musée des Voûtes. Sans doute un autoportrait de l’auteur.

La Marianne

Près de sa maison familiale. Datée de l’an XXV, soit 1895, vingt après la proclamation de la troisième République.

En cette fin de siècle, par le nombre de monuments à la gloire de la Révolution et de la République, le Var se classe troisième département de France (après l’Hérault et l’Aude).

La présence de Marianne se multiplie sur nombre de places de communes du département, même les plus reculées, comme à Trigance…

Les  Hameaux

La coutume voulait que ces hameaux, tout comme certaines campagnes isolées, n’étaient occupés en général qu’à la belle saison. La plupart des propriétaires possédaient une maison de village où ils passaient l’hiver.

Témoins d’un passé agricole intense, les hameaux du village méritent aussi votre visite avant d’aller frissonner aux bords des parois vertigineuses du Grand Canyon.

Le hameau de Saint-Maymes est bâti autour d’une commanderie templière, en direction d’Aiguines sur la D71, quelques kilomètres avant le célèbre pont de l’Artuby. La commanderie traversée par une calade du XIIe siècle, abrite un gîte rural et une chambre d’hôte ainsi que des expositions de peinture et sculptures.

Le pittoresque hameau de Soleils, sur la 2 D955, en direction de Castellane, face aux gorges du Jabron, s’étire le long de la route autour d’un lavoir intéressant avant de grimper dans les prés.

Le hameau de La Gabelle aujourd’hui en ruine