Trigance à travers la Culture

 

TRIGANCE  À  TRAVERS  LA  CULTURE

Trigance à travers la peinture d’hier :

Sébastien BOURDON

«  Né à Montpellier le 2 février 1616 d’un père peintre verrier protestant, il est envoyé enfant dès 1623 à Paris chez l’un de ses oncles, sans doute afin d’échapper aux troubles qui agitent alors le Languedoc, théâtre d’une reprise des guerres de religion où s’affrontent troupes royales et camp réformé dirigé par le duc de ROHAN. De son apprentissage auprès d’un certain Barthélémy, peintre qui n’a pu être identifié avec certitude, on ne sait rien, si ce n’est le génie précoce de Sébastien. Il aurait commencé à peindre ses premières œuvres à l’âge de quatorze ans, et serait parti pour un périple provincial peu après 1630. Après avoir peint une voûte à fresque pour un château du bordelais, la tradition dit que faute de commande, il se serait engagé à Toulouse auprès d’un capitaine qui, amateur d’art, aurait apprécié le talent du jeune homme au point de le libérer de son contrat et de l’aider financièrement à reprendre son voyage. Ce qui est certain, c’est qu’il est de retour à Paris en 1636 puisqu’il figure sur la liste des artistes employés dans les châteaux royaux sous le nom de Sébastien BOURDONY et qu’il reçoit un pécule « pour supporter les frais du voyage et séjour qu’il va faire en Italie».

Entre Toulouse et son retour à Paris, BOURDON est-il passé par la Provence avant de remonter vers la capitale par la vallée du Rhône ? L’orthographe variable de son patronyme, cette mention « Bourdony » de 1636, ne fait-elle pas écho au « Bourdoun » que l’artiste inscrit sur la toile de Trigance deux ans plus tôt ?  Bourdoun est la traduction littérale en languedocien de BOURDON, désignant tout aussi bien l’insecte, le bâton de pèlerin ou le jeu d’orgue. Or, ainsi que le rappelle Jacques THUILLIER, « Toute sa vie, BOURDON s’est présenté comme natif de Montpellier et fidèle à sa patrie ».

Le Rosaire de Trigance, l’une de ses rares œuvres signées (ici selon la prononciation méridionale…) et datées, inaugure sa carrière par une commande destinée à une modeste confrérie de paroisse.

Si la composition imposée par le sujet n’est guère originale, la touche de l’artiste de dix-huit ans s’affirme déjà ; elle est aisée, tantôt délicate et appliquée, tantôt brillante et enlevée. On y voit les caractéristiques graphiques et colorées que l’on retrouvera dans les œuvres qui lanceront sa brillante carrière parisienne dès son retour de Rome.

(Extrait de l’article Le tableau du Rosaire de l’église de Trigance (Var) : redécouverte d’une œuvre de jeunesse signée de Sébastien Bourdon. Laurent Hugues, conservateur des monuments historiques à la DRAC PACA )

Sibour Julien ROUVIER

Né le 17 janvier 1862 à Trigance (Var) où il décède le 15 avril 1901 à l’âge de 39 ans.
Cultivateur à l’origine, il se tourna vers le métier de tailleur de pierre et réalisa plusieurs sculptures conservées dans le village, une étonnante Marianne, une croix en pierre qui surmontait à l’origine la chapelle Saint-Roch (depuis,en juin 2021 placée à gauche de l’entrée de l’église paroissiale Saint-Michel), ainsi que son propre buste devant le musée des Voûtes.

Ilia ZDANEVITCH, dit ILIAZD

Né à Tiflis en Tbisissi en 1894. Poète lié dès le début des années 1910, à Saint-Pétersbourg, aux grands peintres de l’avant-garde russe,  GONTCHAROVA, LARIONOV, mêlé aux activités du futurisme et pratiquant le Zaoum ou langue transrationnelle ; arrivé à Paris en octobre 1921 où il fréquenta notamment SIMA et les époux DELAUNAY et côtoya les dadaïstes, il y publie en 1923 un livre remarquable et singulier : Ledentu le Phare. Resté en France, il éditera plus tard quelques très beaux livres illustrés, en collaboration avec Max ERNST, MASSON, GIACOMETTI, PICASSO et d’autres artistes. Amoureux du haut pays varois qui lui rappelait ses paysages de Géorgie, il achète, dans les années 60, une maison à Trigance, rue de la Bote, surnommée la « maison du russe » par les habitants de la commune.
Il meurt à Paris le 25 décembre 1975 et est inhumé avec son frère dans le carré géorgien du cimetière de Leuville-sur-Orge dans le département de l’Essonne.(renvoi sur vidéos YouTube)

Anne-Marie GUYADER,  Christian MEIZE,  Robert BIAGIOLI

…et d’aujourd’hui :

Marcel COLAS
Dominique MERCY
Christelle SCHLIERKAMP
Michel GIULIANO
Juliette MEIZE

Trigance  à  travers  la  littérature

“Voyage à Trigance” de Jean EICHER dit LOISEAU (éditions La Dogana)

« (…) Nous avons remonté la pauvre rue silencieuse. Dans les maisons en très mauvais état, nous avons entrevu quelques habitants furtifs et difformes, et nous sommes arrivés sur une petite place, au café – une seule pièce obscure et malpropre -, où Ilias a voulu que nous prenions un apéritif avant d’aller découvrir ses demeures. Nous étions les seuls clients, servis par un patron revêche et bougon. Pourtant, une feuille de papier punaisée sur la porte annonçait que pour deux jours Trigance était en fête. L’affiche était rédigée à la main et d’une belle écriture (…)
Sur la place éclairée par une ampoule suspendue à l’unique arbre, il y avait une piste de danse, faite de quelques planches raboteuses, un peu en pente. Au-delà d’une corde, debout, les deux musiciens, une clarinette et un banjo, jouaient par cœur et sans répit des airs indéfinissables. Pourtant, en écoutant avec attention, on penchait pour retrouver des chansons connues, mais jouées à l’envers, comme dans un miroir.
Sur la piste de danse, il y avait deux personnes petites et bossues qui, les bras tendus, se tenaient par les épaules, empêchées de s’enlacer par la trop grande inclinaison de leurs visages vers le sol. On aurait dit un couple sans tête cherchant son chemin à tâtons, avec les pieds. Malgré cette difficulté, le couple parcourait le plancher en tous sens, infatigablement. Ses évolutions étaient suivies par une dizaine de spectateurs qui ressemblaient beaucoup aux danseurs, ou ne s’en distinguaient guère que par la possession d’un important goitre.
(…) L’heure de la messe est arrivée et nous nous sommes rendus à la fête votive. La petite chapelle souterraine, dédiée à saint Roch, se trouvait un peu en avant du village, au bord du chemin par lequel nous étions arrivés le jour d’avant.
Si le soleil et la beauté du matin nous avaient donné un nouveau regard pour apprécier les maisons d’Ilias, cela ne modifia en aucune façon notre vision des habitants de Trigance. Leur aspect restait aussi lamentable et triste que lors du bal. Pourtant, quand nous les avons vus tous là agenouillés et recueillis, nous avons été saisis d’une grande tendresse et compassion pour eux.
(…) Pour son sermon, le prêtre (…) prit beaucoup plus de temps et navigua au plus près pour aborder le sujet primordial à Trigance: il comprenait bien la dureté de l’isolement, de la solitude et le besoin d’amour, mais il mettait en garde contre le danger de rester dans le creuset familial, contre la trop grande intimité des cousinages, d’ailleurs interdits. Mais aller à plus proche encore, oh!mes frères !… Enfin, après plusieurs autres exhortations, ce fut l’Amen.
(…)
(Extrait du “Voyage à Trigance”)

Revue  “Verdons” (éditée par l’association Pays et Gens du Verdon)

N° 9 Patrimoine architectural de Trigance (Marielle LIONS – photos Gilbert SUZAN)

N° 11 Bergers (1 photo de Trigance de Catherine TOUSSAINT)
N°13 L’aiga (L’eau à Soleils  Catherine TOUSSAINT)
N°16 Étoiles (Estelle  Jacques CRU)
N°17 Marcher (Guy BURLET  Caçaire lieux de Trigance cités)
N°25 L’eau, le soleil, le vent (article sur les moulins – Genèse  inachevée  œuvres de Dominique MERCY)
N°28 Femmes Fremas  (article Francis MARTEL Trigance et lieux-dits de Trigance)
N°31 L’ En-dessous (Rabassier et Rabasses. Laurent + passion profonde spéléo) (Jean-Paul CODDRETTO)
N°41 Plumes, Poils etc… abeilles, placard à miel (Robert LIONS) – A. ZÉLIE (Maguy AUDIER)
N° 42 Les minots – une vie de minot à la campagne (Robert LIONS)
Petits Trigançois caladeurs(Sylvie LAMANDÉ)
Enfance de l’art (Dominique MERCY)
N° 45 Cinéma, juste un décor ? (“Les chèvres de ma Mère” film Sophie AUDIER, texte M.J. ALLÈGRE)
N°49 L’ombre et la lumière (Légende autour de Canjuers, la serp : Robert LIONS)
N°50 Histoires d’amours (Païs ama texte en français, Robert LIONS)
N° 52 Ça va la santé ? (La toilette, Robert LIONS)
N°54 A quoi on joue ? (Un rallye? oui mais pédestre Robert LIONS )
N°56 Gavots faber  (Lou gaubi – le bon geste Robert LIONS)

N°57 Verdon à l’encre noire (Negre – noir Robert LIONS)
N°58 L’art ici (1) (Artisto mescouneissu – artistes méconnus Robert  LIONS)
N°60 L’art ici (2) (Artistes à Trigance)
N°63 Célébration de la pierre  (Sibour Julien ROUVIER, sculpteur amateur de Trigance, Robert LIONS – photos Gilbert SUZAN)
N°64 La nuit (Artisan boulanger à Trigance – Dr. SORIANO, canton de Comps- Robert LIONS)

“Histoire des Gorges du Verdon” de Jacques CRU (Edisud)

Un article dans le Guide de la Provence mystérieuse (Tchou éditeur)

 

L’aventure de «l’Été Théâtral »

C’est avec Le bourgeois gentilhomme de MOLIÈRE que se déroule le 23 juillet 1989 la première de l’Été Théâtral de Trigance en collaboration avec le Théâtre National du Luxembourg.

Suivront, le 30 juillet La Matriarche de Gilbert LEAUTIER et le 6 août Les Diablogues de Roland DUBILLARD.

Pendant plus de dix ans, jusqu’à l’été 2001, l’équipe du Théâtre du Luxembourg, mais aussi du Théâtre des Capucins ou du Théâtre Arlequin de Liège vont maintenir ce rendez-vous incontournable pour les amoureux du théâtre avec des auteurs aussi variés que BECKETT,  SHAKESPEARE,  IONESCO,  MUSSET, FEYDEAU,  KAFKA…, mais aussi Jean-Michel RIBES,  Michel TOURNIER, Claude FRISONI ou Guy FOISSY…

A partir de 1999 le “XIe Été Théâtral” se déplace au théâtre de verdure de La Sagne avec le 18 juillet “Le Menteur” de Carlo GOLDONI, le 25 juillet “La traversée de l’hiver” de Yasmina REZA et le 1er août “Le jeu de l’amour et du hasard” de MARIVAUX.
Mais le “XIIIe Été Théâtral de 2001” sonne le clap de fin pour les comédiens du Théâtre National du Luxembourg qui nous régaleront une dernière fois dans “La répétition ou l’amour puni” de Jean ANOUILH le 21 juillet, “La fin du monde” de Sacha GUITRY le 28 juillet et “Les affaires sont les affaires” d’Octave MIRBEAU le 5 août 2001.

A partir de 2002 un nouveau souffle voit le jour : “Le Banquet des Insurgés” de la Compagnie ArtScénicum, “Un soir dans une auberge avec Giordano Bruno” d’André BENEDETTO, “Mademoiselle Julie” de STRINDBERG ou “Cœurs populaires” de Jehan RICTUS, vont élargir un public toujours aussi fidèle…

Une “Fête de l’Automne” sera mise en place offrant, outre un banquet républicain fort apprécié, plusieurs concerts en l’église Saint-Michel dont celui du saxophoniste Bob GARCIA ou du compositeur Miqueù MONTANARO.

Après 2004, avec de nouveaux visages et l’appui sans faille de la commune, l’Été Théâtral, pourtant doté d’un matériel technique peu commun et d’une programmation toujours aussi alléchante, notamment avec Romain BOUTEILLE ou “La légende noire du soldat O” d’André NEYTON, n’ira pas au bout de ses nouvelles ambitions et à partir de 2011, verra son public (et ses partenaires…) déserter peu à peu ce rendez-vous pourtant incomparable, malgré les ultimes efforts de l’association “Série Illimitée” …